C'est à l'état de s'en occuper !
« La solidarité internationale c’est bien. Que l’Etat s’en occupe ! On a déjà assez de problèmes ici. »
La crise frappe chez nous, c’est vrai.
Effectivement la période de crises que nous traversons se traduit dans notre propre pays par des difficultés et problèmes pour nombre de femmes et d’hommes : chômage, précarité, pouvoir d’achat en baisse, sans-abris, sans-papiers … En France, en Europe, il y a donc nombre de problèmes à régler. D’autant qu’avec la remise en cause des services publics, nos droits sociaux sont en danger et risquent à court terme de moins nous protéger.
Pour autant nos problèmes ne doivent pas nous aveugler sur la réalité des pays du Sud.
Il y a aussi de nombreux problèmes à régler dans les pays en voie de développement où les droits humains les plus fondamentaux sont encore trop souvent ignorés : droit à l’alimentation, à la santé, à l’éducation … Notre réalité et nos préoccupations quotidiennes ne doivent pas nous pousser à ignorer que les crises écologiques, sociales, géopolitiques, de libertés qui nous frappent, touchent durement les populations des pays du Sud. De plus la faiblesse ou l’absence des droits et assurances sociales collectives (sécurité sociale, assurance chômage …) renforce la vulnérabilité de ces populations.
Les excès du libéralisme impactent partout dans le monde, d’où la nécessité de réagir aussi à un niveau local.
Aujourd’hui par exemple, certaines sociétés multinationales ayant leur siège social en Europe ou aux Etats-Unis ont des activités sur l’ensemble du globe. Profitant de l’absence de règles contraignantes à l’échelle internationale, leurs activités se traduisent par des impacts désastreux, au Nord comme au Sud.
La course effrénée au profit et l’accumulation toujours plus importante de richesses par une minorité ont produit ou renforcé des abus inacceptables sur l’ensemble du globe : licenciements en masse, main d’œuvre jetable, migrants « importés » ou expulsés, pillage des ressources naturelles, conflits … Que l’on habite au Nord ou au Sud de la Planète, dans les pays dits « développés » ou dans ceux qualifiés « d’émergents », ces logiques économiques ont des conséquences dramatiques sur nos vies. Pour inverser ces tendances il s’agira donc bien d’agir, depuis nos lieux de vie, sur ces mécanismes planétaires. Et, nous sommes tous concernés par le comportement responsable des entreprises, la lutte contre les paradis fiscaux, l’évasion fiscale et le réchauffement climatique.
C’est pourquoi nous croyons que la solidarité internationale est une chance pour ouvrir nos regards aux réalités de vie de chacun-e, pour exiger des mécanismes économiques au service des besoins de l’Humanité et non au profit de quelques uns.
Si les Etats doivent prendre leurs responsabilités, chaque citoyen a un rôle à jouer.
Nous voulons que les citoyens des pays du Nord, comme ceux du Sud, s’organisent pour faire entendre leurs exigences d’une société respectueuse des Hommes, de l’environnement. Nous ne voulons pas nous substituer aux Etats, nous voulons rappeler aux décideurs politiques l’urgence de construire des modèles de développement répondant aux besoins et aux réalités de vie de chacun-e. Nous ne souhaitons pas limiter le rôle du citoyen à un vote lors des scrutins. Nous invitons chacune et chacun à s’engager à vivre la démocratie au quotidien.




L'Etat, ni dieu, ni maître