Une journée pour les scolaires dans le Nord
En charge de l’animation du réseau des acteurs de la Semaine toute l’année, voici le moment où je me rends enfin sur le terrain vivre les événements avec leurs organisateurs et le public.
Étape 8 du parcours de Magali à Villeneuve d'Ascq
C'est une grande journée à Villeneuve d'Ascq pour la ville qui organise cette grande rencontre sportive et solidaire avec 7 classes de CM2 (public et privé) de la ville. Un projet préparé depuis des mois et qui trouve son apogée dans cette journée au gymnase. La Maison des Droits de l'Homme, avec l'animation de Mme Copin, pilote ce projet avec le service Relations internationales, ainsi que le service Culture et le service Sport. Est aussi associée au projet la communauté d'agglomération de Lille Métropole qui coordonne la communication de l'agglo sur la Semaine.
L'après-midi commence par des initiations à la boxe et à l'escrime, ainsi qu'un lâcher de pigeons. Quel rapport avec la solidarité internationale ?, pourrait-on demander. En y regardant bien...

...Le pigeon, symbole du voyage et des migrations, une ouverture à un "ailleurs"...

...Et une approche sensible de ce qui relie les hommes à la nature.

J'interpelle ensuite deux animateurs de boxe sur le rapport entre solidarité internationale et sport de combat. La question les a interpellés eux-mêmes, et pourtant pour eux c'est très clair : la boxe, comme tout sport, est un espace d'échange entre hommes. Contrairement aux apparences, c'est un sport collectif et coopératif qui engage toute une équipe et pas seulement celui qui est sur le ring. Le match est le symbole d'une forme de réciprocité. Le sport amène aussi les jeunes à réfléchir à des règles, soit des droits et des devoirs égaux pour tous. "Après le combat, on s'embrasse." Le sport est aussi un mode de communication qui se passe du langage, qui peut être une barrière. Ils me citent un club de Cuba qu'ils voudraient faire venir en France, "il y a des valeurs à prendre au Sud aussi".
La suite se passe à l'intérieur du gymnase où les enfants défilent sous forme de "parade" type olympique en arborant des drapeaux à l'effigie de leur association "marraine". En effet, depuis la rentrée, chaque classe de CM2 a été accompagnée par une association de solidarité internationale ou de droits de l'Homme lors de plusieurs interventions de bénévoles à l'école. Un travail pédagogique sur la durée qui aboutit aujourd'hui à la valorisation de ces associations par les enants eux-mêmes qui s'en font les porte paroles.




Les bénévoles sont là pour assister à la parade. Avec les encadrants, cela fait une quarantaine d'adultes qui accompagnent tous ces enfants. Je discute avec ceux d'Amnesty (photo ci-dessus) sur ce que les enfants de l'école Paul Fort ont appris lors de ce travail : "Nous avons travaillé sur les droits de l'Homme, et notamment de l'Enfant, et aussi sur Amnesty dans le monde. Nous avons constaté qu'ils connaissaient déjà beaucoup de choses. Ils ont vu qu'ils pouvaient défendre leurs droits autrement que par leurs poings. Les enfants ont été marqués par le fait que les Etats-Unis n'aient pas signé la convention pour les Droits de l'enfant par exemple."

Après la parade, un immense relais est organisé autour du gymnase. Un jeu qui valorise la coopération, et qui donne sa place à tous, même au camarade en fauteuil roulant. Pas besoin d'équipe gagnante quand tout le monde s'amuse !

La suite se déroule autour d'une tribune inaugurée par l'adjoint au maire de Villeneuve d'Ascq délégué aux coopérations Nord-Sud, Patrice Carlier : "la solidarité ne s'improvise pas, que ce soit la solidarité entre les peuples ou entre les générations." Ensuite, des représentants de chaque classe viennent présenter l'association avec laquelle ils ont travaillé : Enfance et Vie, Dioko, Tutti Frutti International, CCFD-Terre solidaire, Association France palestine Solidarité, l'association de Familles des régions des Grands lacs. Les enfants accompagnés par l'AFPS lisent un poème de Mahmoud Darwich et expliquent les petits drapeaux qu'ils ont confectionnés en classe : "j'ai mis une étoile sur le drapeau palestinien pour montrer que c'est un même pays. J'ai mis un olivier parce que avec le Mur, les Palestiniens ne peuvent plus aller cueillir leurs olives."
Chaque école se voit remettre un "label solidaire" par la ville. Etre solidaires, c'est quand agir...

...rime avec sourire !



