Mobilisation inédite en Corrèze (19)
Depuis un an qu’on la prépare, la voici enfin, cette Semaine ! Magali, qui anime le réseau des acteurs de la Semaine toute l’année, suit les lignes de chemin de fer de province pour aller à la rencontre de la vraie vie de la Semaine, sur le terrain, près de ceux qui la font et qui y participent.
ÉTAPE A BRIVE, TULLE ET MALEMORT EN CORRÈZE (LIMOUSIN)
Beaucoup de manifestations de la Semaine se déroulent aujourd'hui samedi partout en France. Faute d'avoir le don d'ubiquité, la Corrèze m'offre déjà à elle seule une gamme d'animations diversifiée. Après un petit-déjeuner où Jérémy nous interroge sur la vie politique française, Guillaume et moi partons rendre visite aux acteurs de la Corrèze.

Cela commence par le marché solidaire de Brive la Gaillarde. Situé sur une place commerçante, des tentes abritent les associations de la ville qui se réunissent pour la première fois sous la bannière de la Semaine de la solidarité internationale, pour rendre visible leurs actions à la population, avec l'aide de la ville. La pluie est au rendez-vous, donc le public n'est pas très dense, mais les étals colorés par l'artisanat d'ailleurs amènent la chaleur du Sud, et les discussions vont bon train entre les bénévoles. C'est un enjeu fort pour eux d'échanger sur les activités qu'ils mènent à l'année, que ce soit des projets de terrain en Afrique ou en Asie, des actions de sensibilisation ou de commerce équitable, car dans la frénésie du quotidien, même les associations liées à une même zone géographique dans le Monde ne se connaissent pas forcément toujours bien. Dans une heure ou deux, les chalands se feront plus nombreux, mais pour nous c'est l'heure de reprendre la voiture.
Tulle, petite ville coincée le long de la vallée de la Corrèze, accueille le Conseil Général. Et le Conseil Général accueille aujourd'hui pour la première fois la journée "Voix du monde" qu'un collectif d'associations très actif prépare depuis plusieurs mois déjà. La coordination de ce collectif est menée par deux associations très complémentaires : Corrèze environnement, d'une part, qui a élargi depuis quelques années ses membres à des associations de solidarité. Mashikuna d'autre part, qui se fait un point d'honneur à relier une action de terrain en Equateur à un engagement ici, en France, pour une compréhension globale des enjeux internationaux. La connexion "ici / là-bas" est très présente aujourd'hui dans les beaux locaux du CG à qui seul l'esprit associatif peut donner la convivialité de ce jour. Que ce soit autour d'une petite table de salon, au milieu du couloir central, dans un petit bureau prêté pour l'occasion ou dans le grand amphithéâtre... exposition, jeux de société coopératifs, atelier de création, et stands de documentation animent l'espace.


(M. Audion)
Mais l'âme de la journée, ce sont surtout Aurore et Aurélien qui la transmettent en témoignant, magnifiques images à l'appui, de leur engagement dans des projets de solidarité en Equateur. Leur parcours de vie retrace l'engagement mûri de jeunes qui ne veulent pas faire n'importe quoi de leur motivation. On part pour la découverte, OK, mais après, c'est dans la juste responsabilité de chacun à sa place, la co-construction et la durée que se développent des formes de solidarité durables.


(M. Audion)
Un bel article dans le journal local reprend le portrait de ces jeunes citoyens. Des journalistes de France 3 passent une bonne heure à couvrir l'événement, ça vaut le coup de valoriser face à leur caméra le décollage de la Semaine en Corrèze. Des élus sont là aussi. Une reconnaissance vraiment attendue par des militants dont l'action à l'année crée de véritables dynamiques de territoire et de valorisation des citoyens dans leurs capacité d'initiatives.


(M. Audion)
Alex, Colombien engagé pour la défense du peuple Embera prend la parole au moment où nous devons partir... tant de personnes engagées dans leurs vies... pourquoi continuer à croire que c'est une minorité ?
Quand nous arrivons à la galerie commerciale de Malemort, Claire et les bénévoles du comité de jumelage Malemort-Sakal sont en train de démonter l'expo d'art sénégalais installée à la sortie des caisses. Drôle de sensations que ces sculptures de bois sombre sur le carrelage froid du magasin... Ce contraste se retrouve dans la description par Claire de la réaction des clients : que faire face aux regards et chemins détournés ? comment amener un échange avec le consommateur pressé de rentrer chez lui ? Claire le constate : la plupart des gens qui viennent vers eux sont des personnes déjà sensibles aux questions interculturelles après une expérience dans un autre pays, ou l'arrivée d'un étranger dans la famille. La curiosité ne s'impose pas... mais - qui sait ? - petit-à-petit...
(M. Audion)
Omar est l'invité venu de Sakal dans le cadre du jumelage et de la Semaine, alors que les compatriotes qui devaient venir avec lui ont vu leur visa refusé. Son séjour a aussi pour but le suivi d'une formation à l'évaluation de projet, et la participation aux Rencontres régionales de samedi prochain.
C'est un gros projet, préparé depuis de longs mois, qui trouve son aboutissement ce soir à la salle polyvalente de Malemort. Des centres de loisirs, des groupes de danse, des conteurs et musiciens, chorale... se succèdent devant une salle comble pour ce spectacle appelé "Deux femmes se racontent..." Pour Claire, la clé du succès, "c'est les réseaux", pas de secret ! C'est grâce aux réseaux que cette diversité d'associations et groupes d'art et de culture sont venus progressivement construire l'histoire en sons et lumières d'un échange entre une femme d'ici et une d'Afrique. Un beau déploiement d'énergie de bénévoles, techniciens, artistes et participants de tous âges, pour fêter l'interculturalité, voie royale de la solidarité internationale s'il en est !


(M. Audion)
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