La Semaine de la solidarité internationale

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  "Toungaranké", les migrants ont la parole, Paris 13e (75)  

"Toungaranké", les migrants ont la parole, Paris 13e (75)

Depuis un an qu’on la prépare, la voici enfin, cette Semaine ! Magali, qui anime le réseau des acteurs de la Semaine toute l’année, suit les lignes de chemin de fer de province pour aller à la rencontre de la vraie vie de la Semaine, sur le terrain, près de ceux qui la font et qui y participent.

ÉTAPE DANS LE 13E ARRONDISSEMENT DE PARIS

Ma soirée de ce samedi 21 novembre se passe au Centre d'animation de la Poterne des peupliers, dans le Sud du 13e arrondissement.

Je découvre un projet particulièrement riche dont voici la recette :

  • 1 bon kg de projet associatif :
    la pièce de théâtre "Toungaranké" est un projet initié par l'association AARAO (Association d'Alphabétisation pour les Ressortissants d'Afrique de l'Ouest), qui regroupe des habitants d'un foyer de migrants et d'autres habitants du 13e. Depuis sa création par Madihery, l'association a à coeur de permettre aux migrants vivant dans les foyers de "s'ancrer" dans la vie française. Cela se fait par l'alphabétisation, mais aussi des sorties et des activités pour "ne pas rester cachés" et montrer aux Français qu'ils ont "une vie ailleurs" et pourquoi ils sont en France, les responsabilités vis-à-vis de leurs villages d'origine dont ils portent des projets de développement.
  • 1 grand saladier :
    chaque année, le collectif Treiz'acteurs coordonne un programme d'animations pendant la Semaine dans le 13e arrondissement. C'est Marie-Claude, coordonnatrice de ce collectif, qui a permis la connexion entre le projet d'AARAO et le centre d'animation
  • 1 grande dose de choses à dire :
    35 personnes du foyer ont participé en tout au projet depuis ses balbutiements en 2006, suite en particulier après une rafle survenue dans leur foyer un matin. Une petite dizaine a persisté jusqu'à l'aboutissement du spectacle, portés par la motivation de s'exprimer et de s'affirmer dans une activité en France. Le spectacle a pris la forme d'un récit collectif sur le parcours des migrants du village à la France, les situations du quotidiens rencontrées ici ou là-bas sur cette thématique de l'exil.
  • 1 zeste de sucré-salé :
    un projet à double face avec  la volonté de montrer d'un côté aux Français la vraie raison d'être ici, de l'autre aux jeunes restés au pays les réalités de l'émigration.
  • 1 grande louchée de professionnalisme et de sensibilité artisitique :
    C'est ce qu'a apporté la compagnie Fabrica Teatro, qui a accompagné le projet en partant des gestes et vécus de comédiens pour construire le scénario et la scénographie de la pièce
  • 1 joli plat :
    choisir un lieu ouvert. Le centre d'animation de la Poterne des Peupliers se veut un lieu ouvert aux habitants du quartier de tous âges et toutes origines. Il propose des activités en tous genres toute l'année et dispose d'une salle de spectacle appropriée.
  • Faire lever la pâte : le projet théâtral a mûri face à différentes difficultés : trouver un lieu de répétition adéquat, faire avec la tradition d'origine des migrants qui réserve les talents artisitiques à certaines familles, composer avec les conditions précaires de travail des comédiens, et la situation des primo-arrivants...
  • Servir très chaud : l'échange et la communication entre les hommes sont la raison d'être d'un tel projet, où chacun trouve son espace d'expression, sa zone d'existence dans la société où il est né, ou celle où il vit aujourd'hui.
  • Découper en parts égales : qu'on se présente comme acteur, participant, bénévole, animateur, facilitateur, metteur en scène... peu importe : dans ce type de projet, il n'y a pas d'apprenant et d'enseignant, tout le monde a à apprendre de chacun.

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(Photos : M. Audion)

Ce soir, pas de chance : deux des comédiens ne peuvent pas être présents, appelés en dernière minute par leur employeur... nous visionnons donc le spectacle par écran interposé. La projection est suivie d'un échange avec les comédiens et la coordinatrice de la troupe de théâtre. Suivie d'une présentation par un petit film d'un autre projet d'AARAO, qui a été d'organiser un voyage d'étude un peu particulier. Des habitants de foyers se sont rendus en Ardèche rendre visite à des producteurs locaux pour échanger sur des techniques de développement agricole dans leur pays... Très intéressant, cette image d'un car d'Africains arrivant dans un village français... de quoi retourner nos représentations des relations Nord/Sud en deux temps-trois mouvements.

Madihery (à droite), fondateur d'AARAO, et un migrant normand venu spécialement pour la soirée.

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